Exposition « Albert Besnard, Modernités Belle-époque » au Petit Palais, Paris, du 25 octobre 2016 au 29 janvier 2017

Albert Besnard en 1913 (BNF)
Albert Besnard en 1913 (BNF)

Étonnement, il n’y avait pas foule pour voir les peintures d’Albert Besnard ce jour là (mais une attente qui se comptait en heures pour voir l’exposition autour d’Oscar Wilde). Et c’est tant mieux! On redécouvre dans ces moments le plaisir de pouvoir admirer un tableau convenablement, autant de temps qu’on le souhaite, chose rare dans les expositions parisiennes. Les gens ne regardent plus la peinture, trop habitués à consommer tout trop vite. La peinture, ce n’est pas de la photo en moins bien. C’est de la photo en mieux! Quel geste il faut, quelle technique pour réussir des prouesses telles que celles de Besnard! Mais quel étonnement de voir que l’on ne s’intéresse pas assez à cette œuvre d’un peintre un temps couvert de gloire et d’honneur, promu à des postes prestigieux (Grand Prix de Rome en 1874, membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1912, directeur de la Villa Médicis de 1913 à 1921, reçu à l’Académie française en 1924, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de 1922 à 1932), qui décora les lieux les plus prestigieux (la coupole centrale du Petit Palais ou encore le plafond de la Comédie-Française et bien d’autres en France et à l’étranger). Il est le premier peintre à avoir reçu des funérailles nationales!

En plus d’un décorateur, il fut un portraitiste renommé. Sa peinture est ancrée dans son époque, dans son milieu. Mais elle est puissante, forte, profonde. On y est, on y croit, on sent les corps, leur poids, leur mouvement. Tout passe, les émotions, les histoires, leur environnement. Les décors sont souvent animés et les compositions sont prodigieuses! La vie est là! Besnard captait l’âme des personnes, des moments, des lieux. Il faut voir le portrait de Madame Rodenbach, épouse de l’auteur de Bruges la Morte, ami du peintre, ou encore son Portrait de famille ou celui de l’homme de presse Francis Magnard.

 

Portrait de Madame Georges Rodenbach
Portrait de Madame Georges Rodenbach
Portrait de Francis Magnard, 1884.
Portrait de Francis Magnard, 1884.

 

Il était aussi l’auteur de nombreuses gravures et notamment deux belles et étranges séries intitulées La Femme et Elle (qui désigne ici la mort) qui se rapprochent du romantisme noir exposé à Orsay en 2013. En plus de cela, une partie de l’exposition est consacrée à son oeuvre de pastelliste, medium qu’il maîtrisait parfaitement et pour lequel il avait un fort intérêt (il préfaça notamment une monographie sur Maurice Quentin de la Tour). Une partie de l’exposition est également consacrée à sa peinture de voyage et orientaliste, qui fait découvrir une autre facette de ce peintre.

Le seul point négatif de cette exposition est que le son de la vidéo des funérailles et du discours n’était pas audible.

Courez-y avant le 29 janvier!

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